Festival Réunion Graffiti 2020 : block party à la Cité des Arts

Le Festival Réunion Graffiti 2020 a eu lieu du 12 au 25 octobre 2020, à la Cité des Arts.

Suite au workshop, la block party a réuni une vingtaine d’artistes.

Chacun avaient la liberté de sa création.

J’y ai produit un graff intitulé « le clochard céleste », dans la continuité de la toile produite pour le workshop.

Galerie :

Le projet Artémis, avec Ludovic Charles Florent

Voici le making of de la peinture géante que j’ai réalisée sur un réservoir de l’île de la Réunion pour le projet Artémis de Ludovic Charles Florent.

La déesse Artemis, qui de mieux pour représenter ce qu’est l’île de la Réunion, cette fameuse île intense en tension permanente entre l’expansion humaine et la beauté d’un territoire naturel exceptionnel à préserver ?

En tant que photographe, spécialisé dans l’humain, Ludovic Charles Florent s’intéresse essentiellement au portrait et à l’expression corporelle. Il a consacré son œuvre photographique à sublimer le corps de la femme, en lui consacrant grâce et charisme. Il a notamment réalisé la série « poussières d’étoiles » qui a connu un retentissement mondial, avec des expositions en galeries d’art, en festivals, en France et à l’étranger (Etats Unis et Chine).

Arrivé à la Réunion en 2018, il se lance aujourd’hui dans ce nouveau projet d’ampleur.

En ces temps de questionnement majeurs sur le climat, Ludovic Charles Florent souhaite utiliser l’image de cette Déesse majeure de la mythologie grecque, qui représente la nature sauvage, mais aussi la fécondité pour mettre en question le rapport de l’humanité avec notre nature, plus que jamais questionné.

La finalité est de réaliser des œuvres en partenariat avec les Street-artists de l’île de la Réunion, sur des surfaces qui sont des « non-lieux » à mi-distance entre ville et nature, pour y « réparer ces verrues », imposées violemment par l’Homme, en le transformant en œuvres artistiques.

Un modèle vivant, représentation de la Déesse, pose au centre au sein de l’oeuvre finale . La prise de vue est réalisée à l’aide d’un drone.

Les œuvres de cette série « Artémis » sont éphémères. Les éléments climatiques les altéreront pour à terme les faire disparaître totalement, car au final, la nature gagne toujours.

« Immortalisées » par l’image, elles continueront cependant de vivre au sein de nos futures expositions d’art.

Galerie photos

 

Yren et Mo Armen

Cette collaboration avec Mo Armen est née d’une simple conversation sur internet.

Nous nous sommes rendu compte que nous habitions au même endroit! Improbable…

Nous avons donc décidé de nous rencontrer et de concrétiser une collaboration sur une citerne de notre village.

Deux personnages fantastiques regardent au loin maintenant…

Yren et Mo Armen

Le roi marron au Festival Réunion Graffiti

Le Festival international Réunion Graffiti a été le premier du genre à l’Île de la Réunion. Il s’est déroulé du 04 au 13 octobre 2019, à Saint-Denis, sur les murs de La Fabrik

J’y ai participé à deux titres : en tant que partenaire avec Street Art Réunion Island et en tant qu’artiste sur la Block party du 12 et 13 octobre.

Ce fût un grand plaisir de peindre et d’échanger avec des légendes du graffiti comme Lady Pink, Lazoo, mais aussi avec une bonne vingtaine d’artistes locaux ou étrangers (Siker, Onemizer, Fenx, Ceet, Jace, Kes, Vincent Box, Nayh, ABR, Oner, Megot, Roko, Eko LSA, Konix, Floé, Ice, Dey, Bayko, Air1duc…).

Yren et Lady Pink

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Photographie Oscura photo

J’ai donc réalisé une interprétation d’un roi marron (les « marrons » étaient les esclaves fugitifs qui se cachaient dans les montagnes réunionnaises).

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Photographie Oscura photo

On retrouve dans ce roi des signes africains sur la couronne, et un masque inspiré des maquillages de Papouasie Nouvelle Guinée.  

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Photographie Oscura photo

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Yren – Le roi marron

Galerie

Résidence à Street Art City

En ce mois de juin 2019, j’ai été invité durant 3 semaines en résidence artistique à Street Art City

J’y étais accompagné de mon ami Abeil One , et à nous deux, nous avions la lourde tâche de représenter La Réunion…

Apres 10 h de vol, 2 h de train et 4 h de voiture, nous voici donc rendus au cœur de la campagne bourbonnaise, à Lurcy Levis, en lisière de la célèbre forêt de Tronçais.

L’accueil de Sylvie et Gilles Iniesta, les propriétaires du site, et leur équipe, est particulièrement chaleureux. Ils nous mettent tout de suite à l’aise pour démarrer la résidence. Notre hébergement est confortable et les repas seront délicieux.

Durant notre séjour, les autres artistes en résidence sont Bast, Oji, Kelkin, Zeso, Erica Arndts, Fleur Blume, Arthus Rey, Wesl, et Oto Shade

J’ai donc réalisé la chambre 126 au dernier étage du fameux Hôtel 128, et une toile.

Ce dernier étage sera ouvert au public en septembre 2019. Il viendra finaliser la réalisation des 128 chambres de l’hôtel par des artistes du monde entier.

Voici un avant première des images de la chambre, et de la toile.

Etant originaire de cette région, j’ai travaillé sur le thème du Berry, de ses icônes et de ses légendes. Mes grands parents paternels possédaient une ferme, « La Cinardière », juste en limite de propriété de Street Art City…incroyable hasard! Mes grands parents maternels étaient situés quelques kilomètres plus loin, dans une ferme également « Les Chaumes de l’œuf ».

Cette résidence sera également l’occasion de m’inspirer de mes souvenirs d’enfance.

Sylvie me laisse la liberté de choisir ma chambre. Elle me donne la consigne « d’oublier » ce que je fais, et de laisser remonter ce qui est « à l’intérieur de moi ». Pour elle, les réalisations des chambres sont des « œuvres cellulaires ». L’artiste est confronté à un espace-temps particulier qui le porte dans une forme d’introspection.

Après avoir visité plusieurs chambres, celle qui me convient au final est particulièrement dégradée : moisissures, voir champignons sur les murs, moquette et papiers peints pourris et moisis, peinture écaillée au plafond, salle de bain en ruine : C’est la 126.

Par contre, j’aime son volume et son ambiance. Je m’y sens bien et elle offre une superbe vue sur le bocage berrichon. Des champs de foins s’étendent à perte de vue. La couleur dominante du paysage est d’un vert-jaune magnifique.

Je me lance dans ma première peinture…

Ma première idée est de réaliser un portrait de George Sand revisité et inspiré du portrait d’Auguste Charpentier. C’est la première fresque que le visiteur verra en entrant dans la chambre.

George Sand est un personnage important de la région, elle écrivit beaucoup sur les contes et légendes berrichonnes, mais aussi sur la vie des « petites gens » dans la campagne.

Face à elle, se trouvera un loup qui est l’animal emblématique, voir totémique, du Berry…

La texture du support de Georges Sand est intéressante, mais particulièrement pénible à peindre. C’est un vieux papier peint avec de la corde à l’intérieur, genre toile de jute, qui absorbe la peinture. Pour chaque aplat de couleur, je dois appliquer une sous couche de blanc puis deux ou trois couches de spray pour obtenir un rendu satisfaisant.

Le mur central est particulièrement abîmé. De l’eau en suinte en permanence, il est recouvert d’un papier peint moisi, et de peinture écaillée.

Après avoir viré l’ancien papier peint, je découvre un mur aux aspérités et aux couleurs particulièrement esthétiques.

Je choisis alors de rehausser les couleurs naturelles au spray transparent. Je ne sais pas encore à ce moment là ce que je vais y dessiner.

Face au portrait de Gorge Sand, je commence à tracer le loup. Après avoir dégagé le vieux papier peint, je me rends compte que ce mur est assez propre. La surface ressemble à celle du carton.

Un pastel bleu fera l’affaire pour l’esquisse. Le dessin doit être doit être précis, car basé sur la symétrie.

Je représente mon loup sur fond de vitraux de la cathédrale de Bourges.

Il est tribal. Il est argent et or, comme un objet de vénération : une icône.

Les couleurs du fond reprennent le symbolisme classique des vitraux : des jaunes pour le soleil, des bleus pour le ciel, des verts pour les paysages, un marron pour la terre, un vert-bleu pour les étangs, un gris pour l’empreinte de l’homme.

Les « meneurs de loups » parlaient le langage des loups. Ils étaient décrits comme des sorciers ou comme des loup-garous car certains d’entre eux avaient le pouvoir de se transformer en loup.

Ils charmaient les loups avec de la musique ou des formules magiques et les cachaient pendant les battues. Il était très dangereux de se les mettre à dos car ils pouvaient ordonner aux loups qui les accompagnaient de tuer les troupeaux des paysans…

George Sand a consacré plusieurs textes aux croyances et aux légendes où il est question des meneurs de loups.

Le Berry a gardé des traces du loup dans sa toponymie: chaume au loup, bois au loup, jappe loup, fosse au loup…

Dans « Promenades autour d’un village », George Sand raconte une étonnante chasse au papillon.

L’un de ses compagnons de route a capturé un spécimen dans son filet. Il montre sa prise. Le naturaliste et l’amateur, aussi passionnés l’un que l’autre, se regardèrent, l’un tremblant, l’autre stupéfait, et cette exclamation sortit simultanément de leurs lèvres : Algira !

Il fut expliqué à George Sand qu’Algira était originaire d’Alger où elle est très commune, mais que sa rencontre sur les buis, au centre de la France, était un fait inouï, un peu comme si on rencontrait des gazelles ou des antilopes dans la forêt des Ardennes.

Ça y est, j’ai trouvé le sujet du mur central!

Le papillon de nuit Algira est également appelé « la passagère ». Ce sera une peinture qui évoluera dans le temps avec la dégradation progressive de la surface du mur.

Contraint par des problème de séchage, je le peins très vite au spray dans l’espoir de donner l’illusion que le dessin fasse partie intégrante du mur.

Cela semble fonctionner, des craquelures apparaissent déjà sur le bord des ailes.

Le bord du papier peint de George Sand est maquillé comme un vieux parchemin.

Les tuyaux prennent une couleur argent.

Le plafond devient progressivement bleu ciel avec des nuages, et le sol vert…comme la surface d’une mare…au diable…

Le papillon de nuit Algira dit « La Passagère » fera écho à la toile que j’envisage de faire, car je découvre à ce moment là que j’ai l’idée du sujet du tableau.

Face à ces trois images, je me lance dans la réalisation d’une forêt de Troncais « magique ».

Cette forêt est légendaire. Elle se trouve aux portes de Street Art City, et quand j’étais enfant, je m’y rendais souvent, notamment avec ma grand mère Simone pour aller à la mystérieuse Fontaine de Viljot.

J’y intègre un autre animal symbole de la région, passeur d’âme : un corbeau attrapant une bombe SAC (Street Art City).

Charognards avant tout, le corbeau se nourrit de corps morts. En faisant disparaître les corps du monde réel, la croyance qu’il facilite le passage de l’esprit dans l’au-delà a germé. Il a ainsi gardé un rôle de messager entre les morts et les vivants.

C’est aussi l’oiseau des sorcières, le familier du diable, que l’on crucifiait jadis aux portes des maisons, afin d’exorciser le mal…

…mais le corbeau aussi mérite des couleurs!

Je customise l’ampoule au plafond qui me rappelle un lampadaire extérieur que nous avions à la ferme…

Le mur à gauche sera l’emplacement de la toile que je dois intégrer à la chambre : ce sera un portrait revisité de ma grand mère maternelle, Simone Pialleport.

Je passe alors à l’atelier.

Simone aussi était aussi « une passagère ». Elle est malheureusement décédée dans l’avion l’amenant à La Réunion pour nous rejoindre.

Il allait donc bien de soit de lui rendre hommage dans ce contexte.

Sylvie a vu dans ce tableau quelque chose de masculin, de l’ordre de l’autoportrait. Elle s’est rendu compte que la partie droite du visage est féminine et la partie gauche masculine…

Le fond reprend le rappel des vitraux de la cathédrale de Bourges.

En vous rendant sur place, vous découvrirez aussi la salle de bain, un univers complémentaire à la chambre, et la porte d’entrée qui fait un clin d’œil à l’Île de la Réunion.

Une dernière photo pour vous présenter une partie de la belle équipe de Street Art City.

De gauche à droite : Ma pomme, Sylvie, Greg, Olivier, Léa, Abeil et Gilles.

Merci à tous!

Galerie

Adriana

Suite à l’article Adriana fait un carton,

Voici, sur le mur de l’Entre-Deux, la première version d’Adriana.

Je la place entre deux perso préexistants, j’en suis satisfait, mais il manque quelque chose.

yren-adriana

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Je décide alors d’effacer les deux anciens portraits et de faire évoluer la peinture avec un indice rappelant la croix rouge.

adriana-croix-rouge

Pour moi, c’est bon maintenant : quelques retouches, fond blanc, croix rouge, le flop…ça fonctionne.